J'ai écouté le dernier CD de Bob Dylan, Together Through Life. C'est très beau. Je ne l'ai écouté qu'une fois. Dans le noir, avec mon casque de musicienne insociable, avec le vieux poste de mon père pour avoir une qualité maximale. Il a vieilli, la voix n'est plus douce et ne caresse plus, il n'est plus celui qui fait battre mon c½ur plus vite tout le long de Desire. Il est celui qui a une voix pleine de rochers, de rires âgés, de froids aussi. Je ne peux pas m'empêcher de penser aux critiques de ses derniers concerts. L'album n'est pas une déception, loin de là. C'est un album superbe, plus que beaucoup d'autres, mais c'est tellement différent. J'ai été triste d'entendre que la voix peut perdre en vie, avec l'âge. L'album est magnifique. Bob Dylan est magnifique. Il a vieilli, et c'est triste de l'entendre autant, j'aurais voulu qu'il y ait plus de vie dans cet album. J'aimerais toujours Bob Dylan, ça sonne un peu comme une promesse, mais surtout comme une évidence. Certaines de ses chansons font partie de moi. Le seul problème, c'est que la vie ne reste pas éternellement dans les artistes, seulement dans les chansons. C'est peut être pour ça que c'est plus facile d'aimer des groupes morts, on ne les entend pas se diminuer et disparaître. L'album est magnifique, mais je préfère garder l'image de Dylan, à côté de Joan Baez, jeunes, nonchalants. Je préfère cette image de Dylan, légèrement mystérieux, le regard un peu brumeux, les sourcils un peu froncés, et les sourires subtiles et rares, mais sublimes. Je me laisse avec mes images, gravées, tatouées. Son nom figurera sur mon poignet. C'est peut être ça. Together Through Life. Oui, ça doit être ça. Merci d'être pour toujours celui que je veux que vous soyez, pour moi.